Interview Gaston AMAN et Leonard AMABONDA

snrccc interview gaston et leornardL’Equipe de rédaction de Charisma est allé à la rencontre de deux personnes qui se engagés au sein du Renouveau Charismatique Catholique (RCC)  dés ses premiers jours au Cameroun et qui continuent jusqu’au jour d’aujourd’hui à être fidèle à cette grâce. Nous partageons avec vous, lecteurs de Charisma, le fruit de notre entretien avec eux.

Charsima : comment avez-vous rencontré le  RCC ?

Gaston AMAN : mon frère Léonard et moi avions fait parti des touts premiers membres du groupe de prière qu’avait initié en 1975 Hervé de Louvencourt, un jeune coopérant français qui avait fait l’expérience du RCC en France et qui était en mission de travail au Cameroun. Il commence à la Paroisse Saint Laurent de Mvolyé des séances de prière après avoir contacté (en faisant du porte à porte) quelques personnes comme la sœur Marie Thérèse LOTOME, une religieuse du Sacré Cœur de Marie qui va aussi inviter certains jeunes. Les premières rencontres n’attirent pas une grande foule. Ils étaient parfois 5 à 10 personnes. Moi particulièrement, je m’y suis rendu pour la première fois à l’invitation d’une participante qui me dit « Accompagne-moi, je vais dire bonjour à un ami ». On arrive au Collège La Retraite dans une salle, elle va rejoindre les autres, une dizaine de personnes assises en cercle, les yeux fermés et après un temps je commence à entendre  des paroles tels que « Amen Seigneur Jésus », « Alléluia Gloire à Toi », « Bénis sois-tu Seigneur »… Et là vraiment choqué, je me dis à moi-même : « Mais celle-ci est folle, elle m’amène dans des rencontres chrétiennes. Qu’es-ce que j’ai à faire avec tout ça ».
Charisma : A ce moment, vous étiez chrétien ? Croyant ?

Gaston : Oh non, je n’étais pas chrétien. Je suis d’une famille musulmane et si j’avais besoin de prier, j’allai à la Mosquée. Donc je suis choqué mais je décide de rester jusqu’à la fin pour ne pas gêner la rencontre par mon départ. Mais au fond de moi, je me disais qu’à la fin, je ferai de vives reproches à celle qui m’a invité. Cependant, c’est au cours de cette rencontre que je suis saisi par le Seigneur. Je ressens au fond de moi cet appel fort et cet amour immense dont Il m’aime. Alors c’est là que commence ma conversion. Je vais m’engager dans le groupe et m’engager à suivre la catéchèse pour les sacrements d’initiations chrétiennes. Donc je découvre la foi chrétienne en même temps que le RCC.

Charisma : Et vous Léonard AMABONDA ?

Léonard AMABONDA : J’adhère à ce groupe à la même période que mon frère Gaston, je voulais dire mon compagnon car nous nous appelons compagnon entre nous deux, mais à la différence que je suis déjà chrétien catholique, mais vraiment je menais une vie chrétienne vide de spiritualité, je pourrai bien dire j’étais chrétien du dimanche, reste même à savoir si j’allais à la messe tous les dimanches. Donc c’est au sein de ce groupe que mon engagement de chrétien va véritablement prendre sens et je vais me faire à l’école de Jésus en l’accueillant comme Sauveur et Seigneur de ma vie. 
Charisma : Quelle était le nom du groupe à cette époque ?
Léonard: Le groupe n’avait pas de dénomination. Le nom sera reçu en 1978 après la première retraite charismatique que nous avons organisée à Sangmélima. Lors de la première assemblée de prière dans la salle paroissiale de la Cathédrale, le père Jean VEIDERNEIN qui faisait partie du groupe aura une motion intérieure où il percevait clairement que le groupe devrait s’appeler « Colonne de Feu », après discernement, nous adoptons cela comme dénomination du groupe.

Charisma : Combien de participants à la retraite de Sangmélima ?

Léonard: Une centaine. Les participants venaient de divers horizons : Yaoundé, Sangmélima et même du grand nord. Mais déjà pendant la retraite, on a une interrogation majeure. Hervé est arrivé en fin de séjour au Cameroun et doit rentrer en France. Qui donc doit rester et continuer à diriger et faire vivre le groupe ?

Charisma : Qu’es-ce qui s’est donc passé ?

Gaston : Déjà, pendant la retraite, on se questionnait et on demandait la lumière du Seigneur sur le choix de la personne qui devrait remplacer Hervé à la tête du groupe. C’est ainsi qu’après la retraite, les pères Léon AMAN, Jean VEIDERNEIN, Daniel Henri, l’Abbé Gatoir, la sœur Anne Marie AMON, tous membres du groupe viennent me rencontrer pour me dire que le choix s’est porté moi. Je suis surpris car je ne sens pas digne de cette lourde mission. Je me disais : « Comment peuvent-ils vouloir confier une si lourde responsabilité à un musulman converti au christianisme il y a à peine trois ans ? ». Les frères et sœurs s’efforceront à me calmer et surtout à m’encourager à le faire. C’est comme cela que je deviens le responsable en 1978 après le départ d’Hervé.

Charisma : Quel rapport entreteniez- vous à cette époque avec la hiérarchie de l’Eglise ?

Léornard : On avait certes des prêtres, des religieux et religieuses qui cheminaient avec nous dans le groupe mais en général, on était pas bien compris et accueillis dans les paroisses. La situation s’est améliorée suite à une circulaire du feu Mgr. Jean ZOA. Au fait, nous nous sommes rapprochés de lui pour nous présenter et lui présenter ce que nous vivions. On avait fait face à une difficulté avec les autorités civiles du pays et il était clair pour nous qu’il fallait que l’on se fasse connaître de l’Ordinaire des lieux lui-même pour avoir ses orientations, sa bénédiction et sa protection.

Charisma : Des difficultés avec les autorités civiles ?

Léornard : ah oui. A cette époque, les assemblées de prière se tenaient dans une chapelle que nous avons aménagée à Tsinga. Et il y avait une dame qui a confié sa maison à Mvod-Ada (en face de la gare voyageur) au Père Edmond NDZANA, un spiritain, en lui disant : « Je veux qu’après ma mort, ma maison devienne une maison de prière et d’adoration ». On avait pour ambition de mettre sur pied notre petite communauté dans cette maison. Le père nous avait permis d’habiter cette maison (Gaston et moi). On tenait donc les assemblées de prière à Elig-Essono mais les rencontres des responsables et les séances d’écoute et d’accompagnement se passaient dans cette maison. Il s’est avéré que les gens racontaient que nous faisions des réunions politiques sous le couvert de la prière. Un soir, alors que nous avions une réunion de responsables avec une vingtaine de frères et sœurs, la maison est complètement encerclée par les forces de Police. On nous embarque tous quelque temps après pour le commissariat. Pendant que nous attendions l’Officier qui devait venir nous interroger, un policier nous a demandé de lui jouer de la musique. Le frère Denis DJOKO a pris sa guitare et on a eu un bon moment de louange alors qu’on était en garde à vue. Certains policiers se sont joints à nous et même les prisonniers qui étaient à ce poste de police y ont participés depuis leurs différentes cellules. Les policiers étaient surpris et ne croyaient vraiment pas que nous étions des catholiques car disaient-ils : « les catholiques tels que nous les connaissons ne chantent pas et ne prient pas Dieu comme vous le faites ». Finalement, on nous relâche vers deux heures du matin et c’est alors que dans les jours à venir, nous décidons de rencontrer Mgr. ZOA. Après cette rencontre, il fera une lettre circulaire à toutes les paroisses pour reconnaitre, présenter le Renouveau Charismatique Catholique et encourager les paroisses à bien accueillir cette grâce. Cette lettre nous a beaucoup aidés puisqu’elle nous a offert la porte de plusieurs paroisses qui dans l’ensemble étaient réfractaires à ce que nous vivions. C’est alors que va commencer l’expansion de la grâce du RCC dans l’Archidiocèse de Yaoundé et par là aussi dans d’autres diocèses.

Interview réalisé par Aurélien MEKUKO

Charsima : comment avez-vous rencontré le  RCC ?

Gaston AMAN : mon frère Léonard et moi avions fait parti des touts premiers membres du groupe de prière qu’avait initié en 1975 Hervé de Louvencourt, un jeune coopérant français qui avait fait l’expérience du RCC en France et qui était en mission de travail au Cameroun. Il commence à la Paroisse Saint Laurent de Mvolyé des séances de prière après avoir contacté (en faisant du porte à porte) quelques personnes comme la sœur Marie Thérèse LOTOME, une religieuse du Sacré Cœur de Marie qui va aussi inviter certains jeunes. Les premières rencontres n’attirent pas une grande foule. Ils étaient parfois 5 à 10 personnes. Moi particulièrement, je m’y suis rendu pour la première fois à l’invitation d’une participante qui me dit « Accompagne-moi, je vais dire bonjour à un ami ». On arrive au Collège La Retraite dans une salle, elle va rejoindre les autres, une dizaine de personnes assises en cercle, les yeux fermés et après un temps je commence à entendre  des paroles tels que « Amen Seigneur Jésus », « Alléluia Gloire à Toi », « Bénis sois-tu Seigneur »… Et là vraiment choqué, je me dis à moi-même : « Mais celle-ci est folle, elle m’amène dans des rencontres chrétiennes. Qu’es-ce que j’ai à faire avec tout ça ».

Charisma : A ce moment, vous étiez chrétien ? Croyant ?

Gaston : Oh non, je n’étais pas chrétien. Je suis d’une famille musulmane et si j’avais besoin de prier, j’allai à la Mosquée. Donc je suis choqué mais je décide de rester jusqu’à la fin pour ne pas gêner la rencontre par mon départ. Mais au fond de moi, je me disais qu’à la fin, je ferai de vives reproches à celle qui m’a invité. Cependant, c’est au cours de cette rencontre que je suis saisi par le Seigneur. Je ressens au fond de moi cet appel fort et cet amour immense dont Il m’aime. Alors c’est là que commence ma conversion. Je vais m’engager dans le groupe et m’engager à suivre la catéchèse pour les sacrements d’initiations chrétiennes. Donc je découvre la foi chrétienne en même temps que le RCC.

Charisma : Et vous Léonard AMABONDA ?

Léonard AMABONDA : J’adhère à ce groupe à la même période que mon frère Gaston, je voulais dire mon compagnon car nous nous appelons compagnon entre nous deux, mais à la différence que je suis déjà chrétien catholique, mais vraiment je menais une vie chrétienne vide de spiritualité, je pourrai bien dire j’étais chrétien du dimanche, reste même à savoir si j’allais à la messe tous les dimanches. Donc c’est au sein de ce groupe que mon engagement de chrétien va véritablement prendre sens et je vais me faire à l’école de Jésus en l’accueillant comme Sauveur et Seigneur de ma vie. 

Charisma : Quelle était le nom du groupe à cette époque ?

Léonard: Le groupe n’avait pas de dénomination. Le nom sera reçu en 1978 après la première retraite charismatique que nous avons organisée à Sangmélima. Lors de la première assemblée de prière dans la salle paroissiale de la Cathédrale, le père Jean VEIDERNEIN qui faisait partie du groupe aura une motion intérieure où il percevait clairement que le groupe devrait s’appeler « Colonne de Feu », après discernement, nous adoptons cela comme dénomination du groupe.

Charisma : Combien de participants à la retraite de Sangmélima ?

Léonard: Une centaine. Les participants venaient de divers horizons : Yaoundé, Sangmélima et même du grand nord. Mais déjà pendant la retraite, on a une interrogation majeure. Hervé est arrivé en fin de séjour au Cameroun et doit rentrer en France. Qui donc doit rester et continuer à diriger et faire vivre le groupe ?

Charisma : Qu’es-ce qui s’est donc passé ?

Gaston : Déjà, pendant la retraite, on se questionnait et on demandait la lumière du Seigneur sur le choix de la personne qui devrait remplacer Hervé à la tête du groupe. C’est ainsi qu’après la retraite, les pères Léon AMAN, Jean VEIDERNEIN, Daniel Henri, l’Abbé Gatoir, la sœur Anne Marie AMON, tous membres du groupe viennent me rencontrer pour me dire que le choix s’est porté moi. Je suis surpris car je ne sens pas digne de cette lourde mission. Je me disais : « Comment peuvent-ils vouloir confier une si lourde responsabilité à un musulman converti au christianisme il y a à peine trois ans ? ». Les frères et sœurs s’efforceront à me calmer et surtout à m’encourager à le faire. C’est comme cela que je deviens le responsable en 1978 après le départ d’Hervé.

Charisma : Quel rapport entreteniez- vous à cette époque avec la hiérarchie de l’Eglise ?

Léornard : On avait certes des prêtres, des religieux et religieuses qui cheminaient avec nous dans le groupe mais en général, on était pas bien compris et accueillis dans les paroisses. La situation s’est améliorée suite à une circulaire du feu Mgr. Jean ZOA. Au fait, nous nous sommes rapprochés de lui pour nous présenter et lui présenter ce que nous vivions. On avait fait face à une difficulté avec les autorités civiles du pays et il était clair pour nous qu’il fallait que l’on se fasse connaître de l’Ordinaire des lieux lui-même pour avoir ses orientations, sa bénédiction et sa protection.

Charisma : Des difficultés avec les autorités civiles ?

Léornard : ah oui. A cette époque, les assemblées de prière se tenaient dans une chapelle que nous avons aménagée à Tsinga. Et il y avait une dame qui a confié sa maison à Mvod-Ada (en face de la gare voyageur) au Père Edmond NDZANA, un spiritain, en lui disant : « Je veux qu’après ma mort, ma maison devienne une maison de prière et d’adoration ». On avait pour ambition de mettre sur pied notre petite communauté dans cette maison. Le père nous avait permis d’habiter cette maison (Gaston et moi). On tenait donc les assemblées de prière à Elig-Essono mais les rencontres des responsables et les séances d’écoute et d’accompagnement se passaient dans cette maison. Il s’est avéré que les gens racontaient que nous faisions des réunions politiques sous le couvert de la prière. Un soir, alors que nous avions une réunion de responsables avec une vingtaine de frères et sœurs, la maison est complètement encerclée par les forces de Police. On nous embarque tous quelque temps après pour le commissariat. Pendant que nous attendions l’Officier qui devait venir nous interroger, un policier nous a demandé de lui jouer de la musique. Le frère Denis DJOKO a pris sa guitare et on a eu un bon moment de louange alors qu’on était en garde à vue. Certains policiers se sont joints à nous et même les prisonniers qui étaient à ce poste de police y ont participés depuis leurs différentes cellules. Les policiers étaient surpris et ne croyaient vraiment pas que nous étions des catholiques car disaient-ils : « les catholiques tels que nous les connaissons ne chantent pas et ne prient pas Dieu comme vous le faites ». Finalement, on nous relâche vers deux heures du matin et c’est alors que dans les jours à venir, nous décidons de rencontrer Mgr. ZOA. Après cette rencontre, il fera une lettre circulaire à toutes les paroisses pour reconnaitre, présenter le Renouveau Charismatique Catholique et encourager les paroisses à bien accueillir cette grâce. Cette lettre nous a beaucoup aidés puisqu’elle nous a offert la porte de plusieurs paroisses qui dans l’ensemble étaient réfractaires à ce que nous vivions. C’est alors que va commencer l’expansion de la grâce du RCC dans l’Archidiocèse de Yaoundé et par là aussi dans d’autres diocèses.

Interview réalisé par Aurélien MEKUKO